Les frugalistes, ces trentenaires ou quadras déjà à la retraite

Le frugaliste dépense beaucoup moins que tout le monde. Economique jusqu’à l’obsession, il tente constamment de trouver l’équilibre entre ses dépenses et son épargne. Toutes les dépenses sont mûrement réfléchies : pas ou peu d’extras pour les nourritures ou les vêtements, par exemple, et assez peu de loisirs pour certains d’entre eux.

La rationnalisation des dépenses

Toutes les dépenses sont hiérarchisées de manière méthodique, voilà la première règle fondamentale des frugalistes. Ces derniers se contentent de ce qui est vraiment nécessaire. Du coup, ils se privent de ce qu’ils considèrent comme des futilités.

Puisque le but est de réunir le plus de capital – qui sera investi dans l’immobilier ou des placements financiers, notamment – toute dépense susceptible d’empêcher d’atteindre cet objectif en moins de temps possible est considérée comme du gaspillage.

Alors parmi les frugalistes français, certains font des économies draconiennes, par exemple en n’achetant tout simplement pas de nouveaux vêtements, en arrêtant d’aller au cinéma ou au restaurant. D’autres considèrent également que changer de téléviseur ou de smartphone, alors que l’ancien marche encore, relève du gaspillage.

Les frugalistes américains, qui ont généralement de solides diplômes et de bons salaires, ne vont pas jusqu’à de telles privations drastiques. Ils évitent tout de même d’aller dans des restaurants trop chers. Pendant les vacances, ils choisissent des destinations proches, etc.

Visionnaires ou profiteurs ?

Les Américains sont les pionniers dans ce domaine. Les frugalistes sont des visionnaires pour certains, des profiteurs pour d’autres. Dans le frugalisme, ce sont les premières années qui sont les plus dures. Mais il y a un objectif réaliste derrière autant de privations : larguer les amarres à 40 ans, parfois même à 35 ans pour certains.

Pete Adeney est le plus célèbre frugaliste américain. Plus connu sous le nom « Mr. Money Moustache », il a pris sa retraite à 30 ans. Voici comment il théorise les fondamentaux du frugalisme : « Il faut commencer par diviser de 50 % votre revenu net. Si vous regardez votre bulletin de salaire, vous le divisez en deux colonnes. D’un côté les dépenses incontournables, de l’autre les recettes. Il faut ensuite réduire votre train de vie et investir la moitié de vos économies dans des placements financiers qui vont vous rémunérer jusqu’ à la fin de vos jours. »

Les frugalistes sont aujourd’hui pris très au sérieux aux Etats-Unis. Pete Adeney, comme d’autres trentenaires américains à la retraite, est régulièrement invité à des conférences ou des colloques autour de la finance. L’homme maîtrise tous les rouages des placements financiers et immobiliers, au point de s’autoproclamer « magicien de la finance ».

Bref, aux Etats-Unis comme en France, les frugalistes n’épargnent pas forcément pour se payer des vacances au soleil ou pour profiter d’un camping Les Jonquilles. Certains frugalistes français, après une retraite bien méritée, investissent dans le locatif.